Les Débuts

Venu au monde le 28 Octobre 1846 à Villeneuve-Loubet, dans une famille modeste, Auguste Escoffier entre en apprentissage dès l'âge de treize ans chez un des frères de son père qui tenait le "Restaurant Français" à Nice.
    Auguste Escoffier travaille ensuite au "Cercle Masséna" (1863), puis comme chef de cuisine au "Restaurant des Frères Provençaux", rue Saint-François de Paule. En 1865, il quitte Nice pour Paris où il sera commis au restaurant "Le Petit Moulin Rouge". C'est là que la guerre le trouve en 1870. Escoffier est mobilisé et devient ensuite, pendant une période de captivité, chef cuisinier du Maréchal Mac-Mahon. C'est l'occasion pour lui d'observer beaucoup, de réfléchir sur l'alimentation des troupes en campagne, d'envisager de nouvelles méthodes de conservation des aliments.
    Après sa démobilisation, il fait une saison à Nice, de 1872 à 1873, à l'"Hôtel Luxembourg".

Puis retourne au "Petit Moulin Rouge" à Paris où il restera de 1873 à 1878 comme chef. Il y sert les personnalités de l'époque : Sarah Bernhardt, Juliette Adam, Gustave Doré. Durant cette période au "Petit Moulin Rouge", il achète à Cannes une maison de comestibles à laquelle il ajoute un restaurant, "Le Faisan Doré". Il l'exploite l'hiver, Cannes est devenue une station très élégante et fréquentée, surtout par une riche clientèle anglaise.
    Après la saison d'hiver, il rejoint Paris et "Le Petit Moulin Rouge", qu'il quitte définitivement en 1878. En août de cette année-là, il épouse Delphine Daffis, fille d'un éditeur connu. Jusqu'au printemps 1884, on le retrouve à Paris à la direction de la "Maison Chevet", au Palais Royal, et au "Restaurant Maire".
    En Mai 1884, il fait l'ouverture du tout nouveau café-restaurant du Casino de Boulogne-sur-mer.

Monte-Carlo : rencontre avec Ritz
Le Savoy à Londres

En Octobre 1884, il vient à Monte-Carlo, au Grand Hôtel.
    En effet, le succès du Grand Hôtel à Monte-Carlo est immense et il éclipse vite I'Hôtel de Paris. "Il drainait à lui tout ce que le tourisme international pouvait avoir de clientèle riche ou racée" écrivent les biographes d'Escoffier, Paul Thalamas et Eugène Herbodeau. "L'association de Ritz et d'Escoffier compte parmi les évènements les plus heureux de leurs vies", note Madame Ritz dans "César Ritz", livre dédié à son mari.

Le Savoy brillera d'un éclat sans précédent, sa cuisine acquerra une renommée internationale. Il sera fréquenté par toute l'aristocratie européenne, les "rois" de l'industrie américaine et les plus grands artistes de l'époque, habitués au raffinement des hôtels de César Ritz et à celui de la cuisine d'Escoffier : les Castellane, les Breteuil, les Sagan, les Radziwill, les Rudini, les Vanderbilt, Sarah Bernhardt s'y succèdent. Et la Melba, célèbre cantatrice australienne, pour laquelle Escoffier créera, en 1894, un dessert inoubliable : la Pêche au cygne, en hommage à son talent après l'avoir entendue à Covent Garden dans Lohengrin. Ce dessert deviendra la "Pêche Melba" à l'inauguration de l'Hôtel Carlton de Londres en 1899.
    C'est là qu'il invente les menus à prix fixes, pour quatre convives au moins, qui rencontrent un grand succès auprès de la clientèle exigeante et pressée du Savoy. C'est alors qu'il s'attache à promouvoir les produits français.

Grand Hotel à Rome

Il fera venir de Normandie et de Bretagne quatre mille cinq cents livres de beurre par mois, ira à Lauris inciter les cultivateurs à produire en plus grandes quantités ces asperges vertes dont les Anglais sont friands, introduira chez les volaillers de Londres où il était introuvable le canard de Rouen, arrivera à se faire produire et livrer au Savoy, par une fabrique de conserves de fruits et légumes à Saxon les Bains, dans Ia vallée du Rhône, la tomate concassée en boîte qu'il avait inventée à l'époque du Petit Moulin Rouge.
    Il accomplira même l'humoristique exploit de servir, lors d'un grand bal de six cents personnes, une suite de plats froids baptisés pour la circonstance "Nymphes à l'aurore", tout heureux de faire manger, sans qu'ils le sachent, des cuisses de grenouilles à ces Anglais qui appelaient les Français "frogs eaters" (mangeurs de grenouilles)!

En 1895, Ritz et Escoffier feront l'ouverture du Grand Hôtel à Rome, tout nouvellement construit. Pour ménager les susceptibilités, Escoffier compose une brigade égale de cuisiniers italiens et français. Il multiplie les voyages à Rome. Le succès est immédiat.
    De même il participe à l'installation du Chalet du Mont Revard, dans les Alpes, ouvert la même année.
Escoffier, avec Ritz, quitte le Savoy Hôtel en mars 1897 à la suite de difficultés avec les administrateurs de l'hôtel. Le plus urgent va être d'ouvrir un nouvel établissement.
    En 1895, Ritz et Escoffier feront l'ouverture du Grand Hôtel à Rome, tout nouvellement construit. Pour ménager les susceptibilités, Escoffier compose une brigade égale de cuisiniers italiens et français. Il multiplie les voyages à Rome. Le succès est immédiat. De même il participe à l'installation du Chalet du Mont Revard, dans les Alpes, ouvert la même année. Escoffier, avec Ritz, quitte le Savoy Hôtel en mars 1897 à la suite de difficultés avec les administrateurs de l'hôtel. Le plus urgent va être d'ouvrir un nouvel établissement.

Le Ritz à Paris
Le Carlton à Londres

L'Hôtel Ritz est inauguré avec un fastueux gala, le 5 Juin 1898. L'ouverture fut un triomphe. De Rome, de Londres, de Suisse, d'Allemagne, d'Amérique du Sud, des Etats-Unis, les personnages les plus importants rejoignirent la société Parisienne.
    Marcel Proust, le Duc de Levis Mirepoix, Gordon Bennet, Santos Dumont, Boni de Castellane, on ne peut citer les noms des centaines de personnes, "V.I.P" de l'époque, qui allaient ensuite faire du Ritz le lieu de rencontre à la mode, un signe de suprême élégance.
    Trois nouveautés étaient à cette époque les sujets des conversations : l'automobile, les débuts de l'aviation et les repas de gala du Ritz, où il était aussi de bon ton de se retrouver à l'heure du "five o'clock". Les grands dîners s'y succédaient ainsi que les fêtes organisées par les membres alors jeunes, joyeux et excentriques du Jockey Club.
    Et Boni de Castellane écrivait : "Je vais congédier mon chef, je serai trop bête d'essayer de rivaliser avec Ritz et avec Escoffier".

Dès le début de 1899, Escoffier quitte l'Hôtel Ritz. Il regagne Londres pour l'ouverture, le 1er Juillet, du Carlton Hôtel, construit dans le voisinage de Buckingham Palace. Il y restera jusqu'en 1920, date de sa retraite qu'il viendra vivre à Monte-Carlo où résidait son épouse, achevant ainsi l'oeuvre qu'il s'était fixée : le développement de la cuisine française non seulement en Angleterre mais dans le monde entier.
    C'est au Carlton, fort d'une brigade de soixante cuisiniers, qu'il affirmera encore l'excellence de sa cuisine et perfectionnera son organisation.
    Elégamment habillé dès le matin, sa redingote strictement coupée est restée célèbre, il ne revêtait sa veste et sa toque que le dimanche, jour d'affluence et de "coup de feu" où il était courant de servir cinq cents couverts à chaque repas.

Les Paquebots
Les Honneurs

Une autre activité importante d'Escoffier pendant ces années magnifiques fut l'organisation des cuisines de grands paquebots allemands.
    La Compagnie de navigation "Hamburg Amerika Lines" obtint en 1904 d'aménager sur ses très beaux navires un service de restaurant à la carte pour ses passagers de marque, sous l'enseigne "Ritz Carlton Restaurant". Escoffier fut chargé d'organiser les cuisines.

L'importance de l'activité professionnelle d'Escoffier, surtout à l'étranger et le prestige que la perfection de son travail a apporté à la France furent immenses. C'est pourquoi le Président Raymond Poincaré en visite officielle à Londres le 11 novembre 1919 le fit Chevalier de la Légion d'Honneur.
    Il reçut aussi diverses décorations anglaises et étrangères. Elles se trouvent maintenant à la Fondation Escoffier, au Musée de l'Art Culinaire à Villeneuve-Loubet, installé dans sa maison natale.

Une Retraite

En quittant Londres en 1920, à soixante treize ans, Auguste Escoffier allait vivre à Monte-Carlo une retraite active. Demandé en Europe, aux Etats-Unis pour mettre en route des hôtels, présider des expositions culinaires, il jouissait d'un grand prestige professionnel.
    Auguste Escoffier mourut à Monte-Carlo le 12 février 1935, quinze jours après sa femme Delphine. Ses pairs lui firent des obsèques solennelles et il fut inhumé dans le caveau de famille à Villeneuve-Loubet.